Le roi des belges

Publié le par PEG

À quoi sert le roi des Belges ?

 

C’est une question qui m’a souvent été posée par des amis français depuis que je suis en Belgique. En effet, aux premiers abords, d’un point de vue francocentré, l’idée d’un roi à la tête de l’état semble cocasse, voire suranné. Mais c’est faire l’impasse sur nombres d’éléments décisifs qui ont fait la Belgique telle qu’elle est.

Tout d’abord, les sarcasmes français à l’égard de la fonction royale, signe d’un prétendu retard belge, sont très tôt rendus obsolètes si on analyse en détail l’histoire de la Belgique et tout particulièrement ses origines.

C’est ce que nous allons tenter de faire au travers des six rois belges (le régent Charles sera toutefois abordé dans son apport vis-à-vis de la fonction royale).

 

Pourquoi un roi ?

 

La Révolution belge éclate dans un climat européen encore marqué par la St Alliance et la restauration. Cette révolution libérale (menée par une alliance entre catholiques et libéraux) va donc à l’encontre des vues idéologiques de la plupart des monarques occidentaux, à l’exception peut-être du nouveau roi français Louis-Philippe qui a largement contribué à son déclenchement et de l’Angleterre qui lui est plutôt favorable.

Pour les autres monarchies européennes, elle représente clairement une menace politique, un « dangereux précédent » qui pourrait servir d’exemple aux opposants politiques présents dans la plupart de ces pays (carbonari, mouvements libéraux d’émancipation nationale etc…).

Afin de contenir ce nouvel état, on souhaite donc lui donner une forme qui corresponde mieux aux critères de l’époque, en donnant à la Belgique un statut : la neutralité (lui empêchant de prendre parti dans les conflits entre puissances) et plaçant à la tête du nouvel état un monarque. Ce serait une caricature que de voir en Léopold Ier, roi des Belges, un monarque imposé de l’extérieur :il a tout de même été très largement élu par le Congrès National, mais si la pression extérieure a largement contribué  à son élection, comme peuvent d’ailleurs en témoigner l’écartement des autres candidats     (y compris le fils de Louis-Philippe qui avait déjà été élu, mais dont qui faisait craindre à l’Angleterre une vassalisation du pays vis-à-vis de la France). En outre, le choix paraît d’autant plus dépendant du contrôle international que la majeure partie du Congrès National est composée de républicains convaincus et que le candidat finalement choisi est au confluent entre différentes nations européennes (prince allemand, il est veuf d’une princesse d’Angleterre et se mariera finalement avec la fille de Louis-Philippe), arrangements politiques matrimoniaux d’ailleurs courants à l’époque. Compromis entre puissances européennes, il l’est aussi au niveau des forces politiques internes : on peut enfin ainsi ajouter que même pour la bourgeoisie libérale de l’époque et les catholiques, il représente une garantie d’autorité, de continuité et de stabilité qui n’est pas négligeable.

Toutefois, peut-on conclure que le roi des Belges n’est que le fruit du sort, d’un compromis représentant une épine supplémentaire dans le pied du jeune état belge ?

 

 

 

 

Léopold Ier : la figure internationale

 

Bien au contraire, Léopold Ier par son influence politique et ses liens avec toutes les cours d’Europe va placer la Belgique au cœur de la scène politique. Prince allemand, veuf d’une princesse anglaise, gendre du roi d’Angleterre, puis « tuteur » de Victoria la grand-mère de l’Europe, il pourra approcher tous les souverains du continent en ami ou en frère, tout en maîtrisant un Anglais (qui n’avait toutefois pas l’importance qu’il possède aujourd’hui) parfait. Loin d’être un poids d’un autre âge, le souverain constitutionnel belge sera un moteur pour la Nouvelle Belgique et lui permettra d’éviter les remous révolutionnaires de 1848 (l’abaissement du cens et des caractéristiques propres au pays complétant cette explication), et faisant du petit état belge l’un des pays les plus avancées sur la voie de la démocratie en Europe. Son importance est telle, que les gouvernants suivront généralement ses décisions en matière de politique étrangère, coutume qui perdurera sous le règne de ses successeurs (c’est par exemple de l’entourage du roi que viendra le refus de l’ultimatum allemand en 1914).

 

Léopold II : le Congo, l’essor économique et international.

 

Mais c’est surtout au progrès économique et à l’expansion coloniale que le souverain va contribuer. Déjà Léopold Ier, principal actionnaire de la Société Générale de Belgique joua un grand rôle dans les orientations de celle-ci et au développement du sillon wallon. Le roi deviendra grâce à ces apports financiers l’une des première fortune du pays.  Léopold II, fils du précédent et travailleur sans pareille (au mépris de sa propre vie personnelle qui s’y réduit), souhaitant élargir l’état belge va- après avoir envisagé un temps d’annexer le Sud des Pays-Bas- se tourner vers l’Afrique. En effet, depuis les années (1867), des recherches avaient été entreprises sur le fleuve Congo, notamment par Stanley. Ne percevant plus de subsides de l’état américain, celui-ci va se tourner vers le souverain belge. Le roi entame son action au Congo sous le couvert de différentes organisations humanitaires et scientifiques comme le Comité d’étude du Haut Congo puis l’Association internationale du Congo. Il financera lui-même l’exploration du cours du fleuve Congo. Dès 1885, Léopold II fait reconnaître sa sphère d’influence par le concert européen à la Conférence internationale de Berlin. Ceci permettra la naissance de l’Etat indépendant du Congo, propriété personnelle du souverain (ce qui ne sera pas sans poser problème, la constitution n’autorisant pas le roi à régner sur un autre état), en 1886.

Léopold II sera cependant obligé d’en appeler dès 1890 à l’Etat belge pour les emprunts qui lui permettront de financer sa politique coloniale.

Le roi devra toutefois attendre les années 1894-95 pour voir l’opération devenir fructueuse sur le plan financier. On y découvre en effet les importantes ressources naturelles qui feront son succès (ou son malheur) jusqu’à nos jours. De nombreuses entreprises attirées par cette manne financière vont donc s’y implanter notamment pour l’exploitation des métaux non-ferreux, des diamants, du caoutchouc et de l’ivoire. Léopold II profitera des bénéfices retirés notamment de l’exploitation du caoutchouc du Congo pour mener une politique d’embellissement de Bruxelles (n’oublions pas que l’on voit en ce temps la création de l’Avenue Louise, de la place Stéphanie, de l’arc du Cinquantenaire et le parc du même nom, des Serres de Laeken,   et de bien d’autres monuments et lieux de Bruxelles). Sa politique à l’égard de la population congolaise sera par contre très critiquée surtout par l’Angleterre et elle placera la Belgique au centre de controverses et de pressions pour l’amener à contrôler l’action de son souverain. Après une enquête internationale (qui conclut aux abus du régime léopoldien) et de très longues tractations, Léopold est obligé de signer en 1908 (un an avant sa mort) la loi approuvant la reprise du Congo par la Belgique. Toutefois, le territoire congolais largement exploité favorisera l’industrie belge lui offrant des matières premières, une main d’œuvre à faible coût, et des débouchés. L’apport du Congo, ainsi qu’une politique libérale des plus rigides en métropole (la législation sociale y est quasi nulle), amènera la Belgique à la deuxième puis troisième place économique mondiale.

 

 

 

 

 

 

Le roi, représentant de l’unité nationale.

 

Mais plus qu’un rôle utilitaire, le roi joue un rôle quasi mystique d’unificateur de la nation belge.

Doté de peu de pouvoirs (ce qui ne sera pas sans mécontenter Léopold Ier, évitant toutefois de l’avouer en public), limités essentiellement à la nomination et à la révocation des ministres, à un pouvoir de dissolution à la demande d’un ministre ou d’un opposant, un droit de grâce, le rôle du roi se situe ailleurs : « Peut-être les monarchies absolues, celles de droit divin, étaient-elles plus logiques que cette espèce de monarchie républicaine que nous ont léguées les révolutions d’Angleterre, de France et la nôtre… Nous avons gardé le décor, une certaine tradition, nous avons extirpé l’esprit de l’institution. Le roi règne, mais ne gouverne pas… Le roi est bien plus un symbole qu’un élément actif du gouvernement ». (P-H Spaak, le Peuple 18 Juillet 1951).

Dès 1831, le roi est le symbole de l’unité de la nation. Mais c’est surtout avec le règne d’Albert Ier, que la figure royale devient celle du chef. Dans un conflit qui touche lourdement la Belgique (très largement occupée dès le début du conflit), et joue encore aujourd’hui sur les mémoires, la figure du roi va représenter la résistance face à l’ennemi. Instaurant une coutume constitutionnelle, le roi se porte à la tête des armées, vêtu en soldat. Décidant de résister jusqu’au bout, il se retranchera avec les dernières forces armées derrière l’Yser. Accompagné de son épouse (Elizabeth, « la reine infirmière »), le roi deviendra la figure exemplaire du héros de guerre. Henri Pirenne écrira dans l’Encyclopédie française que :« L’autorité morale du souverain lui permet d’user plus largement que ses prédécesseurs de ses pouvoirs constitutionnels. »

En vingt ans de règne, Albert Ier se permet de démissionner deux Premiers Ministres, autant que ses prédécesseurs. La lecture de ses Carnets de guerre (1914-1918) (Duculot, Gembloux, 1991), révèle que c’est lui qui gouverne.

Au lendemain de la guerre, le roi grâce à sa stature acquise pendant le conflit va favoriser l’union nationale qui pendant 3 ans gouvernera le pays amenant de nombreuses réformes (électorales : suffrage universel masculin, suffrage pour les veuves, mère de soldats et les héroïnes de guerre, vote pour toutes les femmes aux élections communales, ainsi que d’importantes réformes sociales :  indemnisation du chômage involontaire, lois sur les accidents du travail). À sa mort, après un accident en montagne, des funérailles monumentales seront organisées témoignant de l’attachement des Belges à leur souverain, véritable héros.

Avec les conflits communautaires, le roi devient le vrai pilier d’une nation de plus en plus tourmentée. En y réfléchissant un peu, il est évident que le choix d’un président accroîtrait les conflits : celui-ci serait-il flamand ou wallon ? On peut donc en conclure avec Jean Stengers qu’une République aurait difficilement survécu aux conflits communautaires.

Lors des graves périodes de crise, il jouera aussi un rôle de médiateur crucial et il suffit de se tourner vers les derniers événements pour s’en persuader.

Toutefois, si le roi favorise l’apaisement des conflits communautaires, ceux-ci affaiblissent considérablement son influence sur l’ensemble de la politique. Il suffit ainsi d’un pas trop avancé vers l’un ou l’autre camp pour enflammer les débats (souvenons-nous de la poignée de main entre Baudouin et José Happart).

Mais c’est surtout à la suite de la question royale que le roi va perdre de son influence.

Le temps est donc venu de nous intéresser plus particulièrement au règne de Léopold III, ce qui nous permettra d’ailleurs de timorer nos conclusions sur le rôle du roi dans les conflits communautaires.

 

Les heures sombres :Léopold III.

 

Le renforcement du pouvoir et de l’aura du roi amènera le fils d’Albert Ier, Léopold III, à jouer un rôle encore plus crucial que son père. La Belgique au lendemain de la Première Guerre Mondiale avait abandonné sa neutralité, mais avec le retour des crises et des menaces en Europe (Hitler est élu en 1933 et commence à remettre en cause les traités de paix de 1918-19-20), Léopold III considère comme nécessaire de revenir à la politique d’indépendance. Néanmoins,   ne caricaturons pas son action, il ne fut pas seul à vouloir cette politique de neutralité (il était sur ce point en accord avec les trois grands partis : socialiste, libéral, catholique) .

Une fois le conflit venu en 1939, le souverain va tenter de réitérer l’action de son auguste ancêtre. Le 2 février 1939, Léopold III convoque le gouvernement dans une des salles du Palais royal, le Salon du Penseur. Il a revêtu à l’imitation d’Albert son uniforme de Lieutenant Général. La réunion ne prévoit qu’un discours du roi sans réponse des ministres. Cependant, ces mêmes ministres entrent en grave conflit avec le roi dès le 25 mai 1940, au moment où l’armée belge livre bataille sur la Lys à l’armée allemande. Léopold III considère que la Belgique est neutre et doit se contenter de défendre le territoire belge sans se lier à la France et au Royaume-Uni. Il décide de ne pas quitter le territoire national.  Les ministres, de toutes tendances, sont de l’avis inverse.  Le roi capitule le 28 mai comme chef de l’armée, pour les raisons qu’on vient de dire et pour des raisons de politique intérieure : les comportements des régiments flamands et wallons divergent à ce point que le roi craint que les Allemands n’en tirent prétexte pour reprendre leur politique de séparatisme de 1914 à 1918 (par la Flamenpolitik, les Allemands avaient réussi à s’agréger le situation des activistes flamands en flamandisant l’université de Gand, et par la création d’un Conseil de Flandre) . Le jour même, le Premier ministre Hubert Pierlot estime que le roi « a rompu le lien qui l’unissait à son peuple ». Les ministres considèrent donc le souverain comme incapable de gouverner (ce qui est prévu par la constitution). Après une période d’hésitation consécutive à la défaite française, quatre des principaux ministres belges (Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak, Camille Gutt et Albert de Vleeschauwer) se retrouvent à Londres en octobre 1940 et décident de continuer la guerre aux côtés des Britanniques. Cette politique de résistance s’opposait toutefois à la volonté du roi entraînant la rupture entre ceux-ci et le roi.  Celui-ci, qui s’était déclaré prisonnier de guerre, cherche à former un nouveau gouvernement, toutefois, les ministres qui n’ont pas démissionné refusent de signer les blancs-seings qui lui permettraient de mettre en œuvre ses vues.

Mais le monarque va plus loin. Il cherche à obtenir une place préférentielle pour la Belgique dans l’Europe nazie. Il essaye ainsi d’obtenir un accord avec Hitler (rencontre à Berchtesgaden, Novembre 1940), mais sans résultat.

Ces refus sauvent d’ailleurs le roi qui aurait voulu instaurer un pouvoir autoritaire en Belgique. Durant cette période, il se remarie avec Liliane Baels, fille du gouverneur de Flandre orientale à qui l’on reproche (à tort) d’avoir collaboré avec les nazis. Ce remariage dans une période trouble n’est pas sans gêner une population gravement touchée par le conflit. Enfin, le mariage religieux du roi a été célébré bien avant son mariage civil (c’est anticonstitutionnel), ce qui n’est pas sans mécontenter les principaux partis laïques.

En juin 1944, le conflit touche à sa fin et les Allemands décident de déporter le souverain belge.

Le roi est libéré le 7 Mai 1945. Entre-temps, les Chambres ont désigné le Prince Charles comme régent de Belgique.

Le roi manifeste son désir de rentrer immédiatement au pays, mais le Parlement conditionne son retour à un vote des Chambres réunies constatant la fin de l’impossibilité de régner. Les débats qui vont s’ensuivre réveillent fortement le clivage laïc-religieux. Comme nous l’avons souligné, les partis socialistes, communistes, et les libéraux francophones réclament l’abdication de Léopold III, tant qu’ils sont majoritaires dans les chambres, le retour du roi reste donc impossible.

Au contraire, le parti catholique dans sa quasi-totalité prend position en faveur de Léopold. À partir de 1950, il emporte la majorité à la chambre. Un référendum est organisé afin de décider de la situation du roi. La consultation populaire organisée le 12 Mars 1950 montre que 57,6% des votants sont favorables au retour du souverain.

Le retour royal accroît aussi les conflits communautaires. Si l’on regarde la géographie du vote lors de ce référendum, on constate que la Flandre a voté pour le roi (72%), la Wallonie et Bruxelles contre (58 et 52%).

En outre, au retour du roi, de graves troubles touchent les bassins industriels wallons. Trois personnes sont tuées dans des affrontements. Face aux grèves et à la menace d’une marche sur Bruxelles, le roi annonce son retrait le 1 er Août 1950, au profit de son fils le prince Baudouin.

 

Baudouin et Albert II : fédéralisation et conflits communautaires.

 

Le rôle du roi sort considérablement affaibli de la question royale. Comme le souligne Jean Stengers, le Prince Charles de par son statut n’était pas capable d’infléchir les décisions de la chambre. À partir de 1949, le roi perd sa capacité de commandement des troupes (qu’il avait acquise à la faveur de la coutume).

En outre, on voit le rôle du Premier ministre prendre de l’ampleur  ce qui n’est pas sans affaiblir l’influence royale.

Toutefois, dès le début de son règne, Baudouin reste au centre de la politique nationale et extérieure. Il écartera ainsi les opposants de 1950, et il mettra de côté Léo Tindemans et José Happart. Mais c’est surtout son refus de signer la loi dépénalisant l’avortement qui marque son règne. La Belgique, une fois encore, trouve une solution dans le compromis et déclare le roi dans l’impossibilité de régner. Le Gouvernement la promulgue en tant que Chef de l’État collectif en cette circonstance. Son décès brutal et les funérailles extraordinaires qui s’en suivent montrent tout l’attachement de la population envers ses souverains.  Toutefois, par l’association qui porte son nom, le souverain défunt continue d’œuvrer pour la culture (voir Fondation roi Baudouin).

Avec son successeur et frère Albert II, s’impose le déclin du pouvoir royal. Avec la fédéralisation du régime, le roi a nettement moins d’influence sur les pouvoirs régionaux ou communautaires décentralisés.

Toutefois, comme le dit Jean Stengers : »Le Roi préside les Te Deum et les cérémonies protocolaires. Il présente, chaque année, ses vœux à la Nation. Je m’élève vivement contre cette caricature. Régner ne signifie pas suivre d’un œil distrait les occupations du gouvernement ou les activités du bon peuple. C’est contribuer, avec de modestes moyens certes, mais une volonté clairement affichée au bon fonctionnement de l’État. », il ne s’agit pas d’un roi fantoche. 

Dans le domaine social, par exemple le roi Albert II et la reine Paola ont choisi de mener sur le long terme un combat contre la traite des êtres humains, la pédophilie et la pédopornographie. Il a par exemple géré avec beaucoup de doigté le discrédit du monde officiel belge dans l’Affaire Dutroux en 1996 notamment en présidant une Table ronde entre les parents des victimes et les responsables politiques à la veille de la Marche blanche et en militant pour la création à Bruxelles du centre Child Focus pour enfants disparus et sexuellement exploités. Comme son frère le roi Baudouin, il dénonce le racisme et la xénophobie dans ses discours et ne reçoit jamais en audience les hommes politiques de l’extrême-droite (Front National et Vlaams Belang).

En politique étrangère, le roi Albert II est un Européen convaincu et soutient toutes les initiatives en faveur de la construction européenne. Il accorde aussi beaucoup d’importance à l’image de la Belgique à l’étranger et dans les anciennes colonies en Afrique centrale.

Selon les derniers sondages, sa popularité malgré les circonstances les plus houleuses reste importante, mais si elle tend à s’éroder malgré les tensions communautaires.

Voyons plutôt les sondages suivants.

 

 

 

 

Un roi est-il nécessaire en Belgique (Sondage)[34] (1990)

Région / Royaume

Nécessaire

Pas nécessaire

Sans avis

Région flamande

62,1 %

23 %

14,9 %

Région wallonne

59,6 %

20,3 %

20,2 %

Région de Bruxelles-Capitale

63,4 %

20,1 %

16,5 %

Belgique

61,4 %

21,8 %

16,7 %

 

 

 

 

 

 

Un sondage plus récent des journaux du groupe Vers l’Avenir, datant du 19 octobre 2004, donnait ces résultats (seules la Flandre et la Wallonie sont prises en compte) :

Question : Si votre Région devient un État indépendant, souhaitez-vous qu’elle soit une république ? :

Flandre : une république à 40 %

Wallonie : une république à 36 %

Question : Si votre Région devient un État indépendant, souhaitez-vous qu’elle soit une monarchie ?

Flandre : une monarchie à 47 %

Wallonie : une monarchie à 46 %

73 % de Wallons veulent garder la famille royale contre 55 % de Flamands : seule cette question engendre un écart significatif.

 

 

Conclusion :

Alors que tirer de ce rapide parcours, le roi est-il si nécessaire ?

Et bien comme le disait Charles Rogier le  jour des funérailles de Léopold Ier : « Le roi Léopold était un esprit fin et pénétrant. Il s’attribuait une trop grande part dans la consolidation du royaume de Belgique. Il m’a dit souvent : « Je tiens la Belgique dans ma main » ; c’est une exagération. Le peuple belge a su se garder lui-même, le roi l’a aidé, voilà la vérité ». Ou comme le dit F. Delpérée : « La fonction du roi est de mettre de temps à autre une goutte d’huile dans les rouages de l’Etat ».

 Ajoutons que sans réforme constitutionnelle, le pouvoir royal comme dans nombre d’autres monarchies constitutionnelles au XXème siècle a décliné.

Quant au maintien de l’unité de la nation par le roi, il faut là encore relativiser. Il a ainsi favorisé le renforcement du pays jusqu’en 1914 et a limité son érosion par la suite. Il a même parfois été une pierre d’achoppement (question royale). Le maintien ne tient donc pas qu’à la personne du roi, mais il y est très favorable.

  Concluons donc avec Jean Stengers : « Certains étrangers croient, ils le disent souvent, que le maintien de l’unité belge tient à la personne du roi. Cela est d’une grande naïveté. Il n’est qu’une pièce sur l’échiquier. Mais sur l’échiquier, le roi est une pièce qui compte ».

 

Bibliographie :

Jean Stengers :L’action du roi en Belgique depuis 1831, pouvoir et influence.

Molitor : La fonction royale en Belgique.

Laurence Van Ypersele : le roi Albert, histoire d’un mythe.

 

 

 

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