Les réseaux du Parti socialiste

Publié le par PEG

GUIGO Pierre-Emmanuel                                      

 

 

 

 

Les réseaux du Parti socialiste, Sociologie d’un milieu partisan de Frédéric Sawicki.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le souligne  François Audigier[1], l’étude des partis politiques a souvent été le parent pauvre de l’histoire politique. On ne peut donc que se féliciter que des études de sciences-politiques, nourries d’histoire viennent remettre en cause certains a priori distillés dans l’historiographie classique et avancer des apports heuristiques. Mais plus qu’un approfondissement des études historiques, c’est un changement de paradigme que nous propose Frédéric Sawicki, en réancrant l’histoire des partis politiques dans le social par un changement de point de vue, du national vers le local.

Dans un premier temps, nous présenterons l’ouvrage à l’aide d’un plan qui ne soit pas seulement linéaire (se contentant de suivre la disposition de l’ouvrage), mais thématique permettant ainsi de mettre en valeur la démarche de l’auteur et facilitant ici l’analyse critique de l’ouvrage. Puis nous verrons ce que la proposition principale de l’auteur (repenser l’analyse partisane par le local) a de novateur  dans l’étude (historique pour ce qui nous concerne) des partis politiques , mais aussi de problématique.

Première partie :

I)     Réancrer le PS dans le social.

 

A)  Rejet de l’analyse entrepreunaro-weberienne.

 

L’analyse de Frédéric Sawicki est fondée sur une critique des analyses entrepreunariales dans la lignée de Max Weber, que l’auteur considère comme dominantes  dans l’analyse des partis politiques. En effet, pour lui, ces analyses, oubliant l’aspect social et le sens que revêt l’institution partisane pour les acteurs,  ne parviennent pas à expliquer les évolutions que connaissant ces partis : « Force est de constater par exemple, que les analyses organisationnelles n’ont guère été en mesure d’expliquer l’émergence ou la disparition de certains partis et plus généralement de rendre compte des changements incessants qui les traversent »[2]. Il critique ainsi une analyse fort répandue essentiellement basée sur les mécanismes de sélection des dirigeants, sur les enjeux internes et sur les ressources mises en œuvre dans la conquête des positions de pouvoir, et aboutissant à  pléthore de typologies sur les partis politiques. En ce qui concerne plus spécifiquement le PS, il regrette que ces approches soient très largement dominantes [3].

 

B)   Une analyse sociale bien distincte des analyses « sociétales ».

 

S’il critique l’usage péremptoire des analyses stratégistes qui délaissent l’étude des évolutions sociales, il ne réhabilite pas pour autant les analyses de type « sociétales »[4], qui ont eu tendance à réduire les partis politiques à l’expression des clivages sociaux, et plus particulièrement en ce qui concerne l’étude du Parti socialiste à se répandre en conflits interminables sur la représentativité ouvrière du parti. [5]

Trouvant une voie médiane dans la pensée de Michel Offerlé[6] ou de Bernard Pudal[7], l’auteur plaide pour une « analyse en termes de construction sociale des organisations partisanes »[8] et qui « réencastre l’étude des partis politiques dans leur contexte socio-historique »[9]. Ainsi, il débute chacune de ses études locales par une longue et approfondie analyse de la structure sociale, économique, voire géographique du département étudié. A la manière des analyses sociales du déclin communiste[10], l’auteur montre en quoi le changement social qui affecte le Var dans les années 60-70 est nécessaire pour comprendre le déclin du parti socialiste dans le département.

Cet exemple montre d’ailleurs que son analyse sociale n’est jamais déterministe ni téléologique. Il se refuse ainsi à adopter le discours commun, faisant des changements sociaux du Var, la seule explication à l’effondrement du parti socialiste dans le département à partir des années 1970 .[11] Le cadre social et économique ne détermine pas à lui seul le politique , et ce n’est que dans une lecture prenant en compte l’interaction des deux aspects (stratégie politique et conditions sociales) que l’on peut comprendre l’échec ou la réussite de l’implantation partisane. Comprendre l’effondrement du parti socialiste dans le Var nécessite ainsi de comprendre « pourquoi ces changements n’ont pas débouché sur un contrôle des ressources politiques par les dirigeants et élus incarnant les nouveaux réseaux ayant émergé au sein du PS à la fois dans le monde rural et urbain au cours des années 1970 »[12].

 

C)   Stratégie des acteurs, traditions politiques et place des individus.

 

Les acteurs eux-mêmes et leur stratégie peuvent également contredire une situation sociale pourtant largement favorable. Ainsi dans l’Ille et Vilaine, après avoir rappelé en quoi le cas de ce département est différent de celui des autres départements du grand Ouest, notamment en raison du fort conservatisme catholique et du ralliement tardif et fragmenté des « cathos de gauche » au socialisme, il montre comment  ces  derniers, malgré leur importance, restent très faibles au sein de la fédération en raison de leurs erreurs stratégiques. De même dans le Var, où dans la partie ouvrière du département le terrain semble plus favorable (La Seyne et Toulon), les divisions internes sur la stratégie à adopter, ainsi que la concurrence d’autres partis empêchent le parti socialiste d’y devenir significatif, au contraire du Var rural.

Le cas du Var montre également que l’auteur s’intéresse aux traditions politiques et aux schèmes cognitifs. La réussite du parti dans cet environnement est favorisée par l’ancrage d’une tradition de gauche telle que l’avait décrite Maurice Agulhon.[13] Néanmoins, cet aspect reste relativement peu étudié au sein de cet ouvrage et à trop vouloir s’intéresser aux stratégies des acteurs l’auteur semble délaisser les cultures politiques[14], au risque d’une vision très utilitariste des acteurs politiques. [15]

L’auteur laisse également toute sa place aux individus, particulièrement aux principaux leaders socialistes de ces différents départements (Edouard Soldani, Guy Mollet, puis Daniel Percheron, Edmond Hervé...). Mais au lieu de présenter ces acteurs individuels comme les responsables de processus qui les dépassent largement (on a ainsi souvent considéré la fin du socialisme comme étant la fin du système Soldani), il montre comment ces acteurs sont révélateurs d’une conjoncture beaucoup plus large. Ainsi l’analyse stratégique doit être replongée dans une analyse sociale qui influe sur son efficacité ou son échec : « cette lecture stratégiste est pourtant insuffisante, car son succès (celui d’Edouard Soldani) autant que la forme du mode de domination qu’il exerce sont inséparable de la structure du milieu socialiste varois, plus que jamais dépendant du monde des campagnes et des bourgs ruraux »[16].  A l’opposé de l’exemple du Var, se trouve le cas du Pas de Calais, qui montre, au contraire, comment le parti socialiste en mobilisant des ressources peut résister dans un cadre social qui lui est de plus en plus défavorable.

 

 

 

 

II)   L’enjeu de l’échelon local.

 

A)   Le local, un échelon privilégié pour une étude totale.

 

Pour cette analyse sociale, stratégiste et cognitive, l’auteur trouve dans l’échelon local le lieu privilégié pour ce type d’étude. Il est inspiré là encore par les historiens, politistes et sociologues du communisme[17], qui selon lui se sont démarqués des analyses monographiques « exemplifiantes » (visant à confirmer ou infirmer des théories construites à partir de modèles nationaux par le local) au profit d’études « intensives ou totalisantes du local » dont « l’objectif est généralement de dépasser les explications générales qui ne rendent pas compte des aspérités du terrain, de la dynamique propre des configuration locales entendues comme  enchevêtrement nécessairement singulier de conditions socio-économiques et de pratiques sociales et politiques. » [18]

Ce type d’approche tire également ses racines de l’anthropologie[19] trouvant dans l’échelon local : « un lieu politique particulièrement propice à l’étude détaillée des pratiques, des réseaux, et de l’environnement politique »[20]. La prégnance des associations, des syndicats et la multipositionnalité des individus y est en effet plus forte qu’ailleurs [21]. Les fédérations étudiées sont donc avant tout, pour l’auteur, des sites d’interactions[22] entre ces différents acteurs du monde social et politique : « Le département est donc appréhendé ici comme une configuration sociale où les rapports de force entre groupes sociaux prennent une forme singulière, où persistent et s’adaptent des modes de sociabilité, des représentations et des réseaux spécifiques, imprimant ainsi sa marque sur l’ensemble des organisations (économiques, syndicales, associatives, religieuses, et bien sûr partisanes ».

D’autre part, comme le rappelle l’auteur le local est un échelon privilégié de la pratique politique[23]. Ainsi les études d’histoire ou de science politique portant sur le XIXème siècle ont pu montrer à quel point l’apprentissage du suffrage universel doit au local[24]. En outre, le local et particulièrement l’échelon départemental jouent un rôle clé dans l’organisation de la vie publique en France,« contribuant par là même à produire et/ou à entretenir des identités plus ou moins marquées et partagées »[25]. Il présente l’autre avantage d’être le lieu principal d’organisation du Parti socialiste au niveau local.

 

B)   Les interactions local-national.

 

Site d’interactions intra-partisanes, l’étude de ces fédérations permet également de mesurer les interactions entre local et national. Ces interactions sont d’ailleurs percéptible dans le comportement des acteurs politiques: « Pour un élu ou un dirigeant socialiste, le « local » c’est à la fois : un ensemble de contraintes héritées ou imposées par des groupes et des traditions ; des ressources ; des règles à respecter pour « rester dans le jeu ». Pour le même, le « national » c’est : un ensemble de ressources ; de règles posées comme devant être respectées partout ; une contrainte, notamment pour les investitures. Le travail de cet agent consiste à ajuster ses différentes ressources, horizons, règles et pratiques, donnant à la relation national-local non pas un caractère figé et abstrait, mais la forme d’un bricolage permanent »[26].

L’auteur montre aussi que les « phénomènes généraux », comme les évolutions sociales, les conflictualités, ne prennent « sens que dans des configurations locales particulières »[27]. Il serait ainsi trompeur de vouloir calquer les clivages nationaux tels quels au niveau local. Ainsi, le choix de tel ou tel courant par la fédération du Pas-de-Calais ne répond pas spécifiquement à un jeu idéologique ou à une lutte entre présidentiables mais à des enjeux stratégiques locaux. Le courant de Daniel Percheron, devenu majoritaire dans le Pas de Calais dans les années 1970, choisit tour à tour : la fidélité à François Mitterrand (qui a promu Daniel Percheron et son courant contre Guy Mollet), puis le soutien à Rocard en 1979 (en espérant obtenir de meilleures positions au niveau national[28]) et enfin en 1990 de voter pour le courant Fabius en raison de la politique industrielle de celui-ci très favorable pour le Pas de Calais : « L’analyse du congrès de Rennes dans le Pas de Calais montre, (...) que celui-ci avait un sens très précis pour ses protagonistes. Il indique aussi que, dans le cas d’une fédération aussi importante que celle du Pas de Calais, logiques locales et nationales sont intriquées,de même que sont indissociables les ressources gouvernementales et partisanes. » [29]

En ce qui concerne l’Ille et Vilaine, on pourrait s’étonner que le CERES, laïc et jacobin domine une fédération à forte composition chrétienne, et où le régionalisme est croissant durant les années 1960-70. Mais, le courant CERES autour de Jean-Michel Boucheron s’appuie donc sur ce qui semble le mieux approprier à la situation locale dans le courant CERES, c’est-à-dire l’autogestion, alors que l’aspect jacobin et laïc, s’il est crucial dans l’opposition interne, reste marginal en terme électoral[30].

 

C)   Le local comme objet contre-intuitif.

 

Même si l’auteur se refuse à une analyse « exemplifiante du local »[31], l’une des forces de cet ouvrage est qu’il trouve dans l’échelon local le moyen de contredire certaines grandes théories forgées par l’historiographie française. Ainsi, le parti socialiste dans le Pas-de-Calais offre l’image d’un parti puissant, très homogène à la forte activité militante, bénéficiant d’ assises sociales et électorales importantes, et de liens profonds dans le milieu associatif et syndical. Il présente en bref l’image inversée du parti socialiste tel qu’il est décrit dans l’ouvrage d’Alain Bergounioux et de Gérard Grunberg[32]. Contrairement à l’image d’une méfiance nationale des syndicaux vis-à-vis des partis politiques, c’est ici le PS qui suscite le développement de FO : « Se sont alors forgés des souvenirs et des réseaux de relations qui ont permis le maintient d’une présence socialiste non négligeable dans le monde syndical »[33], y compris au temps de l’union de la gauche (alors que FO s’écarte du parti socialiste au niveau national durant cette période).

En outre, il renvoie dos-à-dos ceux qui considèrent le PS comme le parti des classes moyennes[34] et ceux qui y décèlent une forte origine ouvrière[35]. Il montre ici que la composition sociale du PS est dépendante de son lieu d’implantation et que celle-ci peut-être ouvrière (Pas-de-Calais), aussi bien que paysanne (Var).

 Il se distingue aussi très nettement des analyses localistes et culturalistes en montrant, par exemple, que l’utilisation de ressources politiques  et de liens affectifs entre élus et électeurs n’est pas propre aux rives de la Méditerranée :« on ne saurait oublier que ce type de pratique, reposant sur une relation d’échange de services personnels, existe selon des modalités différentes dans tout mode de domination politique, et ne fait que renvoyer à l’impossibilité d’éradiquer les liens domestiques (familiaux, de voisinage, amicaux...) »[36].

Le cas de l’Ille et Vilaine lui permet de relativiser l’image trop souvent répandue de l’avènement du socialisme dans cette région de France (l’Ouest), où le terrain était pourtant peu propice, grâce aux changements de l’Eglise et à l’émergence des « cathos de gauche ». L’Ille et Vilaine représente un cas typique dans l’Ouest où les « cathos de gauche » restent finalement marginaux au sein du parti, en raison de la structure sociale propre au département (retard du ralliement de ces cathos de gauche au Ps en raison du conservatisme plus fort dans le département, et au renouvellement du parti à partir des régions ouvrières et laïques de Rennes), mais aussi d’erreurs de stratégie (faible investissement de ces « cathos de gauche » qui entrent dans un parti dont les règles ont été préalablement fixées. A cela s’ajoute une certaine méfiance à l’égard du pouvoir et des erreurs stratégiques qui permettent aux militants de la tendance laïque de conserver une fonction dominante au sein du parti :« L’incapacité à organiser le courant, à recruter et à former de nouveaux adhérents, à travailler à acquérir une notoriété pour peser dans les marchandages vaudra aux anciens responsables du PSU et de la CFDT d’être minoritaires et d’occuper des positions secondaires dans l’équipe municipale conduite par Edmond Hervé en 1977, lequel est investi par ailleurs sans coup férir par la section de Rennes contre Michel Philipponeau. » [37]

D)   Le local comme producteur d’une identité propre. 

 

L’auteur veut se départir d’une vision simpliste[38] faisant de l‘échelon local un moyen d’illustrer ce qui se passe au niveau national[39]. Ainsi, par ses spécificités locales (sociales, liées à son histoire politique ou à ses réseaux de sociabilité), mais aussi par une construction, due à ses élites dirigeantes et à l’interaction entre ceux-ci et l’échelon national, chacun de ses départements possède une identité propre :« Il s’agit donc d’un travail aboutissant à styliser et à typifier des modes de relation, à les valoriser et à les rattacher à des « qualités » appréciées (telles que la simplicité « naturelle » des habitants d’une région, leur « franc-parler », leur « générosité »...), à les distinguer ainsi d’autres modes de relation en vigueur ailleurs (« à Paris », « dans les fédérations » voisines ou lointaines) » [40].  Il faut aussi concevoir la fédération départementale, lieu essentiel du pouvoir interne au niveau local comme créateur d’identité, et l’auteur de s’intéresser à l’homogénéisation[41] de ces fédérations. Le cas du Pas-de-Calais est à ce titre intéressant, puisque pour légitimer leur rôle, les jeunes militants opposés au mollettisme autour de Daniel Percheron se sont revendiqués d’un héritage, plus fantasmé que réel, et au passé finalement marginal dans le département, mais qui permettait de mobiliser des schèmes cognitifs bien ancrées dans l’imaginaire commun (réactivation des moyens d’actions collectives, traditon ouvriériste): le guesdisme[42].

Mais cette identité est également forgée par le terreau social dans lequel croit la fédération. Ainsi dans le Var, l’idéologie marxiste et la structure partisane passe au second plan, le parti n’étant bien souvent qu’une « boite aux lettres »[43]. L’essentiel du militantisme se passe ailleurs, tout particulièrement au sein des coopératives viticoles. Enfin, dans l’Ille et Vilaine, la tension déjà décrite entre les socialistes de tradition laïque et le nouveau courant issu du catholicisme empêche l’émergence d’une identité homogène, et ainsi d’une réelle dynamique au sein de la fédération[44].

Et c’est bien ce concept d’identité locale qui motive le choix des trois fédérations étudiées :« Pour être en cohérence avec cette hypothèse, il fallait sélectionner trois départements aux caractéristiques suffisamment contrastées. Le caractère « typé » des sites choisis renvoie à l’existence de critères politiques et sociaux suffisamment diversifiés pour éviter le redoublement de certains constats ».[45]

 

 

III) L’analyse des réseaux.

A)   Le renouvellement de l’analyse sociale des partis par les réseaux.

La question des réseaux est au coeur du propos de l’auteur comme le souligne d’ailleurs le titre choisi par celui-ci. En privilégiant ainsi une analyse localisée, le chercheur est plus à même de décrire et de comprendre l’environnement social des partis politiques, et ainsi de tenir compte de l’ensemble des liens sociaux dans lesquels sont insérés les acteurs politiques[46]. Il s’agit ainsi d’un des éléments les plus novateurs de l’ouvrage[47]. L’auteur en décloisonnant l’analyse des partis politiques de la seule structure partisane nous permet de mieux comprendre l’engagement politique, mais aussi l’ensemble des pratiques et des liens qui se forment entre le parti et son environnement. Prenant ainsi le contre-pied des analyses devenues classiques[48], Frédéric Sawicki nous montre ici que la faiblesse trop souvent soulignée du Parti socialiste (et même pourrait-on dire de tous les partis politiques) est à relativiser au niveau local. Et à l’auteur de montrer au travers de ces trois cas d’études que le parti (mais la chose pourrait être généralisée à d’autres partis comme l’indique Julien Frétel[49] dans son étude de l’UDF) se fond dans son environnement et en prend les marques. L’auteur forge ainsi le concept de milieux partisans « conçus comme l’ensemble des relations consolidées entre des groupes dont les membres n’ont pas forcément pour finalité principale de participer à la construction du parti politique, quoiqu’ils y contribuent en fait par leurs activités »[50]. La mono-industrie (le plus souvent minière) qui domine dans le département du Pas de Calais est à l’origine d’un tissu social fort autour des bassins miniers donnant ainsi une forme spécifique au socialisme, fortement enraciné dans le tissu social. Les syndicats se sont développés tôt et c’est toute une activité commune de vie sociale qui s’est mise en place . Le monde ouvrier y apparaît dans le Nord comme un monde clos, très homogène qui a marqué ce pays jusqu’à nos jours, freinant ainsi le déclin du socialisme malgré la destructuration industrielle»[51].

B) Les réseaux comme lieu de pouvoir.

Ces réseaux sont donc un lieu de pouvoir dans lequel, un type de ressources essentiel pour comprendre l’évolution du parti. Ainsi, comment  expliquer le renversement de Guy Mollet dans les années 1970 par l’équipe de Daniel Percheron si on ne tient pas compte de l’usage que ces derniers font des syndicats enseignants et tout particulièrement du SNI[52]. Au contraire, ces réseaux peuvent entraîner la mort du parti par leur stagnation au sein d’une société changeante comme dans le cas du Var : « Plus généralement ce conflit, révèle le décalage entre une fédération et des élus majoritairement issus du var rural et une société de plus en plus dominée par de nouveaux groupes, traversée par de nouveaux enjeux liés à l’urbanisme, à l’environnement, à l’aménagement touristique »[53]

C)Les milieux partisans : mieux envisager la sociabilité partisane.

L’un des apports majeurs de cette méthode est de nous permettre de mieux comprendre les processus d’adhésion partisane. Ainsi dans le Pas-de-Calais,  l’enseignement (qui constitue l’un des seuls moyens d’ascension sociale pour les ouvriers) et particulièrement les réseaux des syndicats laîcs en sont sein  jouent un rôle crucial dans l’engagement[54] ; « Mettre ainsi l’accent sur l’importance des rencontres et des lieux de socialisation en les restituant dans leur configuration spatiale et temporelle,  permet de comprendre comment, dans le Pas-de-Calais, la force des réseaux enseignants historiquement consolidés au sein du milieu socialiste a  permis, dans une conjoncture donnée, d’enrôler nombre d’entre eux. Localement de nombreux enseignants socialistes ont ainsi fait appel à leurs collègues engagés sur d’autres fronts pour venir renforcer la section du parti ou la liste municipale quand il s’est agi de relancer l’activité ronronnante des anciennes structures héritées de la SFIO. »[55]. Enfin en Ile -et-Vilaine, cette analyse des réseaux, dans un milieu, celui des chrétiens où la multiposionnalité est la norme[56], permet de comprendre les liens puissants qui naîssent dans les années 1970 avec la CFDT, mais aussi, de suivre le parcours individuel de ces personnes, ayant un cheminement relativement long avant d’adhérer au PS.

Deuxième partie :

I)     Le risque du fractionnement organisationnel.

Au sortir d’un tel ouvrage, et en prenant un certain recul nous pourrions presque nous interroger sur ce qui lie réellement les socialistes du Pas-de-Calais, du Var, et de l’Ille et Vilaine. « Eppure si muove ». Malgré les différences que l’auteur a pu souligner, le parti survit et prospère. Si l’on peut certes postuler que le niveau local est essentiel dans la pratique politique du plus grand nombre, il  n’est pas moins vrai que l’échelon national continue de jouer un rôle crucial dans la politique française comme le soulignent toutes les grandes définitions des partis politiques[57]. Sans rappeler la forte centralisation que connaît le territoire français depuis les débuts de la monarchie absolue, il est nécessaire de réaffirmer la force de l’échelon national pour bien comprendre les enjeux politiques.

Ainsi, si l’auteur porte une grande attention aux rouages politiques locaux, on ne peut que regretter la quasi-absence d’étude sur les liens entre les différentes fédérations et entre celles-ci et l’échelon national[58] (que l’on peut peut-être expliquer par les critiques faites aux analyses organisationnelles telles que décrites plus haut). L’ouvrage ne permet donc pas de comprendre quelles sont les structures qui font fonctionner le parti comme un tout, et ainsi de combler un vide historiographique[59]. Il ne peut, non plus, mettre en relief la multitude de réponses, à commencer par la doctrine, que le parti met en oeuvre pour répondre à des problèmes nationaux.

D’ailleurs, même si l’auteur avait choisi « de ne pas fréquenter les couloirs de la rue de Solférino »[60], l’échelon national est toujours présent dans son analyse et pèse immanquablement (même si la »traduction » est nécessaire) sur les enjeux locaux (ainsi, le renouvellement du congrès d’Epinay favorise l’ascension d’une nouvelle génération à la tête de la fédération du Pas-de-Calais). D’autres pratiques politiques courantes, mais certainement absentes des cas étudiés, n’ont pas été abordées et ont pourtant joué un rôle réel dans le jeu d’interaction entre le national et le local, comme les « parachutages », absents ici et pourtant importants pour comprendre le parcours de certaines figures comme Pierre Bérégovoy[61]. Il aurait également été intéressant de voir comment « Solférino » a pu susciter la création de fédérations locales (comme ce fut le cas dans la situation que nous connaissons bien pour l’avoir étudié : Nice et les Alpes-Maritimes[62]).

En outre, comme nous y invite d’ailleurs Philippe Vigier [63], il serait intéressant de mesurer (non pas toujours comment le national influe sur le local, mais aussi) comment le local influe sur le national. En bref, comment des ethos politiques d’acteurs nationaux à forte implantation locale, ou des stratégies d’élus locaux ont pu influer sur leur carrière et les décisions prises au niveau national.

II)   Le Ps a-t-il une identité nationale ?

Outre, l’aspect organisationnel, le parti en son niveau national forme une « institution à part entière, système normatif produisant au niveau national une forme spécifique de culture, qui régirait les comportements et discours de socialistes »[64]. Ce type d’approche localisée ne permet pas encore une fois de restituer cet imaginaire commun qui lie les socialistes de toutes les contrées de France. Pour en retrouver les jalons, une histoire des moments forts de la mémoire socialiste (Assassinat de Jaurès, Front Populaire, Résistance, victoire de 1981), des lieux (congrès tout particulièrement[65]), ainsi que les symboles (la rose, le bras levé, la couleur rouge puis rose[66], les affiches et autres médias[67], voire des chansons ou des slogans) et surtout une doctrine[68] qui contribuent à forger une identité commune, est indispensable.

D’autre part, y compris au sein de chacune de ses analyses localisées, dans le texte même de l’auteur[69], comme dans l’esprit du lecteur, l’apparition de similitudes entre ces fédérations est saillante. Les rappels biographiques qu’il effectue sur Edouard Soldani et Guy Mollet l’amènent à souligner les congruences entre l’histoire personnelle de chacun de ses acteurs (tous deux résistants, proches du milieu enseignant, en ascension sociale). Ainsi, même cette analyse localisée montre une certaine communauté de destins, ou au moins une similarité des parcours et des modes de socialisation communs,[70] : « Plus fondamentalement, cette similitude autorise à se demander si la SFIO n’a pas été, entre autres, le réceptacle identitaire d’agents issus de fractions non ouvrières des classes populaires en situation de forte ascension scolaire, ayant trouvé là un milieu valorisant leur savoir et leurs propriétés sociales.» [71]

De telles similitudes se retrouvent également dans son analyse des chrétiens de gauche dans le Pas-de-Calais[72] et dans l’Ille et Vilaine[73]. Ces deux « courants », symbolisent bien un apport de militants importants, qui renouvellent les valeurs de la gauche [74], mais restent à l’écart des principaux poste de décisions, en raison de leur ralliement tardif, et d’une ferme opposition interne dont François Mitterrand se fera le chantre[75].

Enfin, l’attention portée aux réseaux municipaux, aux ressources des maires, et à la place cruciale que joue l’échelon municipal dans ces trois cas d’études symbolisent l’importance du socialisme municipal dans l’histoire du socialisme français. Si ces mairies socialistes présentent des disparités notables, il n’en est pas moins vrai, que les municipalités ont joué un rôle essentiel dans l’acculturation des socialistes au pouvoir comme a pu le montrer Aude Chamouard dans son étude du socialisme municipal dans les années 1930[76].

 

III) Comment faire l’histoire du PS à partir d’exemples locaux ?

Enfin on peut se poser le problème fondamental de l’écriture de l’histoire du socialisme français. Si connaître l’histoire du parti socialiste dans une multitude de départements est fort intéressant, il est néanmoins nécessaire en raison de l’importance de la vie politique nationale (et de la place du PS dans celle-ci) de pouvoir écrire une histoire nationale du Parti socialiste. Ainsi, cet ouvrage se trouve à nouveau confronté au problème récurrent des analyses locales telles quelles florissaient en histoire autour d’Ernest Labrousse dans les années 1960-1970, conduisant à une « départementalisation de l’histoire de France »[77] Et comme le soulignait à ce sujet Maurice Agulhon, il est difficile voire impossible, à partir de cette histoire fractionnée de reconstruire une histoire nationale :« Avons nous même apporté des éléments (départementaux) à la construction collective d’une oeuvre nationale ? Si notre maître en avait l’idée, il n’aurait pu qu’être déçu ». Ce n’est d’ailleurs pas l’objectif de l’auteur, mais l’on pourrait dans ce cas se demander si l’ouvrage ne devrait pas s’intituler, dès lors, « Les réseaux du Parti socialiste, vus à travers trois cas d’étude ». Comment en effet, comprendre l’adaptation du parti à des problèmes nationaux, voire internationaux par le seul truchement du local ? D’autre part, s’il y a en effet un risque de généralisation dans l’étude des « phénomène généraux » du point de vue national, néanmoins, nous pourrions nous demander si ceux-ci ne prennent pas sens pour un ensemble d’individus encore fortement marqués par l’échelon national[78].

Ce type  d’analyse localisée, voulue par l’auteur, ne peut donc devenir le seul et l’unique modèle d’analyse politique. S’il permet de tracer des analyses fines, quasi-ethnologiques du parti socialiste dans son-ou plutôt ses milieux- il ne permet pas d’offrir une explication d’ensemble du parti socialiste, de ses évolutions. Par sa démarche même – en prenant appui constamment sur ce qui se passe à l’échelon national pour voir quelle adaptation en est faite au niveau local- Frédéric Sawicki légitime et rend nécessaire l’analyse nationale qu’il décriera pourtant plus tard. Ainsi comme le souligne Marc Lazar : « le problème serait alors de savoir s’il s’agit là d’une posture scientifique de fond visant à repenser structurellement les partis politiques ou de la simple formalisation d’une étape nécessaire de la recherche, consistant à repenser les partis à partir de leurs réalités sociales, afin de saisir, plus tard, ce qu’ils forment comme tout ». Ce type d’analyse localisée n’est pas la « parousie » de l’histoire politique française, voué à remplacer toutes les analyses nationales des partis politiques mais un complément nécessaire de celles-ci, un moyen de tester, de remettre en cause certains a-priori historiques, tout en permettant une plus grande analyse des pratiques politiques, des évolutions sociales et des imaginaires tels qu’ils se forment dans les différentes zones du territoire.

Conclusion : Cet ouvrage offre ainsi une analyse novatrice des partis politiques par une attention à leur ancrage social, à l’étude des réseaux qui les entourent ainsi qu’à la construction d’une identité partisane locale. S’il se détache fondamentalement des analyses « sociétales » déterminant le politique par l’économique et le social, cette analyse localisée du Parti socialiste (ou plutôt des différentes formes du parti socialiste) laisse également toute sa place aux stratégies des acteurs. Cet ouvrage met donc en place des jalons méthodologiques essentiels, qui ne manquent pas d’ailleurs d’être repris par des jeunes chercheurs. Néanmoins, nous ne pouvons qu’être modérément convaincu par le choix de l’auteur de se focaliser uniquement sur des cas d’études particuliers. En effet, s’ils permettent une étude totale du politique, et s’ils permettent ainsi de relativiser certains a-priori forgés à l’aune d’une lecture nationale du PS, ce type d’analyse ne peut se substituer aux études « nationales » des partis politiques.  

                                         

                                         25 216 signes.

 

Bibliographie :

•Carole Bachelot, « La culture d’organisation au Parti socialiste », dans Florence Haegel(dir.), Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de Sciences-Po, 2007.

•Alain Bergounioux, Gérard Grunberg, Le long remords du pouvoir, le parti socialiste français (1905-1992), Paris, Fayard, 1992.

•Alain Bergounioux, Frédéric Sawicki, Pierre Serne, « L’objet congrès socialiste en débat », dans Recherche socialiste n°12, Septembre 2000.

•Alain Bergounioux, Gérard Grunberg, L’ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005), Paris, Fayard, 2005.

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Vingtième Siècle, revue d’histoire, n°98, Octobre 2007, dans son intégralité.

 

 



[1] François Audigier, Vingtième Siècle, revue d’histoire, n°98, Octobre 2007

[2] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste. Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, 1997, p. 13.

[3] Ibid, p. 18.

[4] Ibid, p.7

[5] Ibid, p.8.

[6] Michel Offerlé, Les partis politiques, Paris, PUF, 1987.

[7] Bernard Pudal, Prendre parti : Pour une sociologie historique du PCF, Paris, Presses de la FNSP, 1989.

[8] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit., p. 14

[9] Ibid, p. 15

[10] Julian Mischi, « Pour une analyse sociale du déclin du parti communiste » dans Florence Haegel  Partis politiques et système partisan en France, Presses de Sciences-Po, 2007.

[11] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit. , p. 250

[12] Ibid, p. 250.

[13] Maurice Agulhon, La République au village, Paris, Plon, 1970.

[14] Le terme culture politique signifie selon la définition principale de Serge Berstein : «  la culture politique telle qu’elle apparaît à l’historien est un système de représentation fondé sur une certaine vision du monde, sur une lecture signifiante sinon exacte du passé historique, sur le choix d’un système institutionnel et d’une société idéale, conformes au modèle retenu, et qui s’exprime par un discours codé, des symboles, des rites qui l’évoquent sans qu’une autre médiation soit nécessaire » dans Serge Berstein, « L’historien et la culture politique » dans Vingtième Siècle, Revue d’histoire, vol. 35, 1992.

[15] Marc Lazar, « French Left, François Mitterrand and the Socialist Party » dans Contemporary European History , 2000, p. 167.

[16] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit. , p. 232.

[17] Michel Hastings, Halluin la rouge :1919-1939. Aspects d’un communisme identitaire : singularités écologiques et stratégies d’implantation, Presses universitaires de Lille, 1991 ; Gérard Noiriel, Longwy, immigrés et prolétaires (1880-1980),PUF, 1984 ; A Fourcaut, Bobigny, banlieue rouge , Editions ouvrières/Presses de la FNSP, 1986.

[18]Frédéric Sawicki, « L’apport des monographies à l’étude du socialisme français », Jacques Girault (dir.), L’implantation du socialisme en France au XXème siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001, p.4.

[19] Marc Lazar, « French Left, François Mitterrand and the Socialist Party » dans Contemporary European History , 2000, p. 166.

[20] Marc Abélès, « L’anthropologie à l’épreuve du local » dans A. Mabileau, A la recherche du local, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 57.

[21] Philippe Vigier, « la prise en compte du local par les historiens actuels » dans Albert Mabileau (dir.) A la recherhe du local, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 47

[22] notion empruntée à Antony Giddens, La constitution de la société. Eléments de la théorie de la structuration, PUF, 1987.

[23] Le local a ainsi souvent été considéré dans une vision assez idéaliste, comme dépolitisé et donc apaisé au contraire de l’état. Philippe Vigier « la prise en compte du local par les historiens actuels » dans Albert Mabileau (dir.) A la recherhe du local, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 47

[24] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit., p. 46

[25]Ibid, p. 36 ;

[26]Ibid, p. 37.

[27] Ibid, p. 31.

[28]Ibid, p. 163

[29]Ibid, p. 173.

[30] Ibid, p. 312

[31] Ibid, p. 30.

[32] Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, Le long remords du pouvoir, le parti socialiste français (1905-1992), Paris, Fayard, 1992.

[33] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit., p. 129.

[34] Hugues Portelli, Le socialisme français tel qu’il est, Paris, PUF, 1980.

[35] P. Bacot, Les dirigeants du PS, Presses Universitaires de Lyon, 1979.

[36] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit. , p. 229.

[37] Ibid, p. 316-317.

[38] Philippe Vigier, « la prise en compte du local par les historiens actuels » dans Albert Mabileau (dir.) A la recherhe du local, Paris, L’Harmattan, 1993, p. 45.

[39] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit. , p.42.

[40] Ibid, p. 38-39.

[41] « Le concept d’homogénéisation ne renverra donc dans ce travail qu’à certaines dimensions des processus d’objectivation, celles qui précisément ont pour effet de rapprocher, sinon d’unifier, pratiques et croyances, d’assurer la conciliation des règlements e vigueur dans le groupement, et de forger pratiquement et symboliquement la cohérence réelle et/ou imaginaire du parti localement », Ibid, p. 32.

[42] Ibid, p. 161.

[43] Ibid, p. 207.

[44] Ibid, p. 318.

[45] Ibid, p. 39.

[46] Il s’attache ainsi à montrer que les acteurs politiques sont insérés dans une « pluralité des modes de relations et des formes d’intérêts qui en découle », Ibid, p.. 27.

[47] Il semble d’ailleurs inspirer les historiens, comme le montre le sujet de thèse de François Prigent : les réseaux socialiste en Bretagne au XXème siècle.

[48] Alain Bergounioux et Gérard Grunberg, Le long remords du pouvoir, le parti socialiste français (1905-1992), Paris, Fayard, 1992.

[49] Julien Frétel, « L’UDF au prisme du jeu d’échelle », dans Florence Haegel (dir.), Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de Sciences-Po, 2007.

[50] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit. , p.24.

[51] Ibid, p. 131.

[52] Ibid, p. 156.

[53] Ibid, p. 274.

[54] Ibid, p. 125.

[55] Ibid, p. 125-126.

[56] François Prigent, « Les réseaux socialistes du PSU en Bretagne dans les années 60-70 : milieux partisans, passerelles vers le PS, rôle des chrétiens de gauche », dans Tudi Kernalegenn, François Prigent, Gilles Richard and Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas. Réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 1950-années 1980), Rennes, PUR, 2009.

[57] Ainsi celle de La Palombara et Weiner (eds), Political Parties and Political Development, Princeton, Princeton University Press, 1966, cité par Marc Lazar, « Cultures politiques et partis politiques en France » dans D. Cefaï (dir.), Cultures politiques, Paris, Presses Universitaires de France, 2001 (Collection « Politique éclatée ») :  « un parti doit disposer d’une organisation locale bien établie et apparemment durable entretenant des rapports réguliers et variés avec l’échelon national ».

[58] Carole Bachelot, « La culture d’organisation au parti socialiste » dans Florence Haegel, Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de Sciences-Po, 2007.

[59]Marc Lazar, « compte-rendu de Alain Bergounioux, Gérard Grunberg, L’ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005) », Revue française de science politique, 1993, vol.43, n°3, p. 479.

[60] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit., p. 349.

[61]« En quête d'une terre d'accueil (1973-1993) », Fabien Conord (Docteur en histoire, ATER à l'Université de Clermont-Ferrand) durant le colloque  du Centre d’histoire de Sciences-Po et du CHPP, Pierre Beregovoy en politique, 28 et 29 Mai 2010, pas encore publié.

MsoFootnoteReference">[62] Pierre-Emmanuel GUIGO, L’aigle et la rose, histoire du Parti socialiste à Nice et dans les Alpes-Maritimes, en cours d’écriture.

[63]Philippe Vigier, « la prise en compte du local par les historiens actuels » dans Albert Mabileau (dir.) A la recherhe du local, Paris, L’Harmattan, 1993, p.48. 

[64] Carole Bachelot, « La culture d’organisation au parti socialiste » dans Florence Haegel, Partis politiques et système partisan en France, op. cit. p. 148.

[65] Alain Bergounioux, Frédéric Sawicki, Pierre Serne, « L’objet congrès socialiste en débat », dans Recherche socialiste n°12, Septembre 2000.

[66] Notamment Frédéric Cépède, " Le poing et la rose, la saga d’un logo ", Vingtième siècle, revue d’histoire, n°49, 1996, p. 18-30 ; Philippe Burrin, " Poings levés et bras tendus. La contagion des symboles au temps du Front populaire ", Vingtième siècle. Revue d’Histoire, 11, juillet-septembre 1986, p. 5-20

[67] D’Almeida Fabrice, " La SFIO, la propagande, les affiches (1945-1969) ", Cahier et revue de l’OURS n° 211, mai-juin 1993, pp. 21-24.

[68] Alain Bergounioux, Gérard Grunberg, L’ambition et le remords. Les socialistes français et le pouvoir (1905-2005), Paris, Fayard, 2005.

[69] « Si l’analyse comparée rapide des parcours sociaux et militants des trois élites fédérales met en évidence des différences significatives qu’on va s’efforcer d’expliquer, on ne saurait manquer, au risque de tomber dans le culte du particularisme, de souligner les effets d’appartenance à une même organisation et à une même société qui se manifestent par l’influence de tendances générales et de quelques événements concernant l’histoire nationale », Frédéric Sawicki, Les réseaux du parti socialiste, op. cit. p. 34.

[70] La thèse d’Ismaël Ferhat pourra ainsi éclairer les liens du PS avec le monde enseignant et peut-être de comprendre comment le monde enseignant est un des principaux « milieu partisan » du Ps.

[71] Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste, op. cit., p. 222

[72] Ibid, p. 147.

[73] Ibid, p. 298.

[74] Hélène Hatzfeld, Faire de la politique autrement. Les expériences inachevées des années 1970, Presses Universitaires de Rennes/ADELS, Rennes, 2005

[75] Georges Saunier, « engagement religieux, engagement politique », site de l’Institut François Mitterrand : http://www.mitterrand.org/Engagement-religieux-et-engagement.html.

[76] Aude Chamouard, « La mairie socialiste, matrice du réformisme (1900-1939) » dans  Vingtième siècle 2007- 4 (n° 96)

[77] Maurice Agulhon, Ernest Labrousse, historien du social, Annales historiques de la Révolution française, 1989, vol. 276, n°1, pp.128-131.

[78] Marc Lazar, « French Left, François Mitterrand and the Socialist Party » dans Contemporary European History , 2000, p. 166.

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